De l'esprit du foot'
Le football, c’est ce sport qui se joue à 22, dont le but est de simplement taper dans un ballon en cuir afin de le faire passer entre deux poteaux – ou une canette de soda entre deux manteaux, autre variante issue des cours de récréation. C'est aussi des hommes, et leurs gestes : l'arrêt en coup du scorpion de René Higuita lors du match opposant l'Angleterre à la Colombie à Wembley en 1995 ; la passe décisive de l'extérieur du pied de Xavi pour Pedro durant la finale de l'édition 2011 de la Ligue des Champions ; le double coup de tête de Zizou au Stade de France en 1998 face au Brésil de Ronaldo - version slim. D'autres sont moins dans l'esprit du jeu, comme la main de Dieu, venue au secours de Maradonna, son fils prodigue, ou encore la caresse de Roy Keane sur le genou d'Alf-Inge Håland, poussant ce dernier à mettre fin à sa carrière. Le football est ainsi fait, balayant un spectre allant du sublime à l'indignation, mais oscillant parfois entre l'ennui et le risible.
De grandes épopées, ou tout simplement des matchs fous, émaillent l’histoire de ce sport. La défaite de la France en demi-finale de la Coupe du Monde 82 face à la RFA en est un parfait exemple, réunissant tous les ingrédients d’une grande rencontre : suspens, injustice, rebondissements. La finale perdue par les amateurs du Calais RUFC en Coupe de France le 7 mai 2000 sonna le clap de fin d’un parcours au scénario fabuleux.
Le footeux regarde ainsi les matchs à la manière d’un cinéphile, cherchant au-delà de la maîtrise et de la justesse, la surprise et l’inattendu. Pourtant il peut aussi se retrouver face à des matchs à la saveur fade, dignes des plus grands nanars bollywoodiens.
Les coulisses suscitent autant d’intérêt chez les fans. L’épisode du bus de Knysna a mis en émoi la France entière, tandis que les exploits du trident Ribéry – Benzema – Zahia, relayés par des médias passés du sportif au people, avaient des relents d’Amour, Gloire et Beauté, les cicatrices en plus. D’autres sujets, certes moins clinquants, continuent d’animer les forums et les sites internet : l’omerta sur le dopage, l’arbitrage vidéo, en passant par les coupes de Jeremy Menez et le racisme.
Et nous dans tout ça ? Nous sommes des spectateurs avisés, bercés pendant de longues années par la vision de matchs estampillés « Ligue1 ». Ce championnat tant décrié pour ses centres en touche et ses contrôles pour l'adversaire, dont l’intérêt ne réside pas seulement dans la course entre deux cadors laissant au loin des concurrents qui font office de faire-valoir, mais, qui chaque saison, révèle aux yeux du monde des joueurs qui seront indubitablement amenés à briller sur d’autres pelouses, grassement rémunératrices. Cette Ligue 1, enfin, qui ne vit pas au dessus de ses moyens, gardant bon gré mal gré, une certaine identité. A défaut d’être aussi glamour que ses voisines, elle reste ainsi authentique, généreuse et surprenante – les mauvaises langues la qualifiant volontiers de rustique.
Les Echos du foot ambitionnent donc – ne nous cachons pas – de rendre compte de l’ensemble de l’actualité du football français, via le décryptage du jeu et des enjeux, mais également à travers la mise en perspective de tous les acteurs du ballon rond, tout en offrant un espace d’expression et de débat pour les « footologues, footeux et footix » de tout poil, plutôt que de se faire le relai de rumeurs issues de l’imagination d’esprits créatifs.
L’équipe des Echos du foot.
31/12/2011